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Logement

Augmentation de loyer et encadrement : contester un loyer excessif

Hausse de loyer abusive, encadrement en zone tendue, complément de loyer : comment vérifier votre loyer et le contester efficacement.

DI
Disputeo — Recherche juridique
8 min

L'essentiel

  • En cours de bail, le loyer ne peut être révisé qu'une fois par an, si le bail le prévoit, et au maximum selon la variation de l'IRL (indice de référence des loyers publié par l'INSEE).
  • Dans environ 1 150 communes en zone tendue, le loyer d'un nouveau locataire ne peut en principe pas dépasser celui de l'ancien (hors travaux ou loyer manifestement sous-évalué).
  • À Paris, Lille, Lyon, Bordeaux, Montpellier et dans d'autres territoires, le loyer est en plus plafonné : il ne peut dépasser le loyer de référence majoré (+20 %), sauf complément de loyer justifié.
  • Recours : mise en demeure du bailleur → commission départementale de conciliationjuge des contentieux de la protection. Le préfet peut aussi infliger une amende au bailleur (jusqu'à 5 000 €, 15 000 € pour une société).

Vos droits

La révision annuelle (article 17-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989). Le bailleur ne peut augmenter le loyer en cours de bail que si une clause de révision figure dans le contrat. La hausse est plafonnée à la variation de l'IRL du trimestre de référence indiqué au bail, et ne peut intervenir qu'une fois par an, à la date prévue. Point important : la révision n'est pas rétroactive. Si le bailleur « oublie » de réviser, il ne peut réclamer la hausse que pour l'avenir, à compter de sa demande ; passé un an après la date prévue de révision, la hausse de l'année concernée est perdue pour lui. À noter : les logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique ne peuvent plus voir leur loyer augmenté, ni entre deux locataires ni en cours de bail (loi Climat et résilience du 22 août 2021).

L'encadrement de l'évolution des loyers à la relocation (zones tendues). Dans les communes situées en zone tendue (agglomérations de plus de 50 000 habitants avec déséquilibre marqué entre offre et demande, listées par le décret n° 2013-392 du 10 mai 2013), un décret reconduit chaque année — actuellement applicable jusqu'au 31 juillet 2026 — interdit en principe d'augmenter le loyer entre deux locataires au-delà de la simple indexation IRL. Exceptions principales : travaux d'amélioration importants ou loyer manifestement sous-évalué (hausse alors limitée).

L'encadrement du niveau des loyers (article 140 de la loi ELAN du 23 novembre 2018). Dans certains territoires volontaires — Paris, Plaine Commune, Lille-Hellemmes-Lomme, Est Ensemble, Lyon et Villeurbanne, Bordeaux, Montpellier, le Pays Basque notamment —, le préfet fixe chaque année, par quartier et type de logement, un loyer de référence, un loyer de référence majoré (+20 %) et un loyer de référence minoré (−30 %). Le loyer hors charges d'un bail signé ou renouvelé ne peut pas dépasser le loyer de référence majoré. Ce dispositif expérimental court jusqu'au 23 novembre 2026, et sa pérennisation est en débat au Parlement. Pour les locations meublées ou les situations particulières comme la colocation et les règles de sous-location, des règles spécifiques s'appliquent.

Le complément de loyer. Le bailleur peut dépasser le plafond uniquement par un « complément de loyer » justifié par des caractéristiques de localisation ou de confort exceptionnelles par rapport aux logements comparables (vue remarquable, grande terrasse, etc.), mentionné au bail avec les caractéristiques qui le justifient. Depuis la loi n° 2022-1158 du 16 août 2022, aucun complément n'est possible si le logement présente certains défauts : sanitaires sur le palier, signes d'humidité sur les murs, DPE classé F ou G, fenêtres laissant anormalement passer l'air, vis-à-vis à moins de dix mètres, infiltrations ou inondations provenant de l'extérieur, problèmes d'évacuation d'eau au cours des trois derniers mois, installation électrique dégradée ou mauvaise exposition de la pièce principale.

Les sanctions. En cas de dépassement du loyer de référence majoré, le locataire peut exiger la diminution du loyer et la restitution du trop-perçu. Le préfet peut en outre mettre en demeure le bailleur et prononcer une amende administrative jusqu'à 5 000 € (15 000 € pour une personne morale). Si vous avez besoin de engager une démarche pour faire valoir vos droits au logement, un diagnostic personnalisé peut vous aider à structurer votre dossier.

La marche à suivre

  1. Vérifiez votre situation. Consultez le simulateur de votre territoire (Paris : encadrement.loyers.paris.fr ; sinon le site de la préfecture ou de l'ANIL, anil.org) pour connaître le loyer de référence majoré applicable à votre logement (quartier, nombre de pièces, époque de construction, meublé ou non). Comparez avec votre loyer hors charges et vérifiez la mention de l'ancien loyer, obligatoire dans le bail en zone tendue. Les questions sur vos droits aux conditions du logement ? Découvrez les clauses interdites au bail et vos droits en tant que locataire.
  2. Engagez le dialogue. Signalez au bailleur le dépassement ou l'irrégularité de la hausse, chiffres à l'appui. Une régularisation amiable est fréquente, surtout quand le bail est mal rédigé.
  3. Envoyez une réclamation écrite, puis une mise en demeure (lettre recommandée avec accusé de réception) demandant la mise en conformité du loyer et le remboursement du trop-perçu (modèle ci-dessous). Vous pouvez en parallèle signaler le dépassement au préfet, qui peut sanctionner le bailleur.
  4. Saisissez la commission départementale de conciliation (CDC) du département du logement : gratuite, elle est compétente pour les litiges de loyer, et sa saisine est un préalable obligatoire pour contester un complément de loyer ou une réévaluation au renouvellement. Elle rend un avis ou constate un accord.
  5. Saisissez le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire du lieu du logement, en cas d'échec de la conciliation, pour obtenir la diminution du loyer et la restitution des sommes trop versées.

Les délais à connaître

  • 1 an : passé ce délai après la date prévue au bail, la révision annuelle non appliquée est perdue pour le bailleur (article 17-1).
  • 3 mois après la signature du bail : délai pour contester le complément de loyer devant la CDC. Passé ce délai, la contestation devient beaucoup plus difficile.
  • 3 ans : prescription de l'action en répétition du trop-perçu de loyer (article 7-1 de la loi de 1989).
  • 6 mois avant la fin du bail : délai pour le bailleur pour proposer une hausse au renouvellement en cas de loyer manifestement sous-évalué (article 17-2) ; le locataire peut la refuser et la CDC doit alors être saisie avant le juge, avant le terme du bail.
  • 31 juillet 2026 / 23 novembre 2026 : échéances actuelles des deux dispositifs d'encadrement (relocation / niveau des loyers), susceptibles d'être prolongés.

Modèle de courrier

[Vos nom et prénom]
[Adresse du logement]

[Nom du bailleur ou de l'agence]
[Adresse]

Lettre recommandée avec accusé de réception

Objet : mise en demeure — loyer non conforme à l'encadrement des loyers

Madame, Monsieur,

Je suis locataire du logement situé [adresse] en vertu d'un bail signé le [date], pour un loyer mensuel de [montant] € hors charges.

Ce logement est situé dans un territoire soumis à l'encadrement du niveau des loyers prévu par l'article 140 de la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018. Or, le loyer de référence majoré applicable à ce logement ([nombre] pièces, [quartier/secteur], construction [époque], [vide/meublé]) s'élève à [montant] € par mois, soit [montant du dépassement] € de moins que le loyer que je verse [le cas échéant : et le complément de loyer stipulé au bail n'est justifié par aucune caractéristique exceptionnelle].

Je vous mets en demeure de ramener mon loyer à [montant] € à compter du [date] et de me rembourser le trop-perçu de [montant] € au titre de la période écoulée depuis le [date de début du bail].

À défaut de réponse favorable sous quinze jours, je saisirai la commission départementale de conciliation puis, si nécessaire, le juge des contentieux de la protection, et je signalerai la situation au préfet, qui peut prononcer une amende administrative pouvant atteindre 5 000 €.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées.

[Signature]

FAQ

Mon bailleur peut-il rattraper plusieurs années de révisions IRL non appliquées ?
Non. La révision prend effet au jour de sa demande, sans rétroactivité, et la hausse d'une année donnée est perdue si elle n'est pas réclamée dans l'année suivant la date prévue au bail (article 17-1 de la loi de 1989).

Je viens de découvrir que mon loyer dépasse le plafond, mais mon bail a deux ans : est-ce trop tard ?
Pour le dépassement du loyer de référence majoré, vous pouvez agir en diminution pendant le bail ; la restitution du trop-perçu se prescrit par trois ans. En revanche, la contestation du complément de loyer devant la CDC est enfermée dans le délai de trois mois suivant la signature.

L'encadrement s'applique-t-il aux locations meublées et aux baux mobilité ?
Oui, le plafonnement du niveau des loyers s'applique aussi aux locations meublées de résidence principale et au bail mobilité dans les territoires concernés, avec des loyers de référence spécifiques pour les meublés. Il ne s'applique pas aux locations touristiques ni aux logements HLM.


Information générale, à jour en juin 2026. Cet article ne constitue pas un conseil juridique et ne remplace pas la consultation d'un professionnel du droit.

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Avertissement : Cet article fournit une information juridique générale et à jour à sa date de publication. Il ne constitue pas un avis juridique personnalisé et ne remplace pas la consultation d'un professionnel du droit. Les délais, montants et procédures évoluent : vérifiez les sources officielles (Service-Public.fr, Légifrance) et, pour une situation complexe, consultez un avocat.

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