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Les CGV : sont-elles obligatoires ?

8 min de lecture Mis à jour le June 13, 2026

Les conditions générales de vente (CGV) fixent le cadre juridique des relations entre un vendeur et ses clients : prix, délais, garanties, modalités de paiement. Mais sont-elles vraiment obligatoires ? La réponse dépend de votre clientèle. Envers les consommateurs, le professionnel doit pouvoir les communiquer à toute personne qui en fait la demande ; entre professionnels, elles ne sont communicables que sur demande. Cette fiche clarifie le régime, les mentions clés, la question des clauses abusives et la médiation de la consommation.

L'essentiel

  • En B2C (vente à un consommateur), le professionnel doit communiquer ses CGV à tout consommateur qui en fait la demande (art. L.111-1 et s. du Code de la consommation).
  • En B2B (entre professionnels), les CGV sont le « socle » de la négociation et doivent être communiquées sur demande (art. L.441-1 du Code de commerce).
  • Elles doivent contenir des mentions clés : prix, conditions de paiement, délais, garanties.
  • Les clauses abusives sont réputées non écrites dans les contrats avec un consommateur.
  • Le professionnel doit indiquer au consommateur le recours possible à un médiateur de la consommation.

CGV et vente aux consommateurs (B2C)

Vis-à-vis d'un consommateur, la logique est celle de l'information précontractuelle. Les articles L.111-1 et suivants du Code de la consommation imposent au professionnel de communiquer, de manière lisible et compréhensible, les caractéristiques essentielles du bien ou service, le prix, la date ou le délai de livraison, ainsi que les informations sur les garanties. Le professionnel doit pouvoir mettre ses CGV à disposition de tout consommateur qui en fait la demande. Dans la vente en ligne, l'exigence est renforcée : les conditions générales doivent être accessibles avant la commande et le consommateur doit les accepter expressément (la fameuse case à cocher), accompagnées de l'information sur le droit de rétractation de 14 jours.

CGV entre professionnels (B2B)

Entre professionnels, le régime diffère. L'article L.441-1 du Code de commerce fait des CGV le socle unique de la négociation commerciale. Tout producteur, prestataire, grossiste ou importateur est tenu de communiquer ses CGV à tout acheteur professionnel qui en fait la demande pour une activité professionnelle. Les CGV ne doivent donc pas nécessairement figurer sur chaque document de vente, mais leur communication ne peut être refusée : un manquement est passible d'une amende administrative. Elles précisent en particulier les conditions de règlement, les éventuelles réductions de prix et le barème des prix unitaires.

Les mentions clés des CGV

Quel que soit le public visé, des CGV utiles comportent au minimum les éléments suivants :

  • Les prix et les modalités de calcul (HT/TTC, frais annexes).
  • Les conditions et délais de paiement, ainsi que les pénalités de retard et l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement (en B2B).
  • Les modalités de livraison et les délais.
  • Les garanties : garantie légale de conformité et garantie des vices cachés (en B2C).
  • Le droit de rétractation et ses modalités (vente à distance ou hors établissement).
  • Les conditions de retour, de réclamation et le traitement des litiges.
CritèreVente au consommateur (B2C)Entre professionnels (B2B)
CommunicationÀ tout consommateur qui en fait la demandeSur demande de l'acheteur professionnel
Cadre légalArt. L.111-1 et s. C. consoArt. L.441-1 C. com.
Clauses abusivesRéputées non écritesContrôle du déséquilibre significatif
MédiationInformation obligatoireNon imposée
Rétractation14 jours (vente à distance)Sans objet

Les clauses abusives

Dans les contrats conclus avec un consommateur, le Code de la consommation prohibe les clauses abusives, c'est-à-dire celles qui créent un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties au détriment du consommateur (art. L.212-1 du Code de la consommation). Certaines clauses sont présumées abusives, d'autres le sont de manière irréfragable (« listes noire et grise »). Une clause abusive est réputée non écrite : elle est neutralisée sans entraîner la nullité de l'ensemble du contrat. Entre professionnels, un mécanisme voisin sanctionne le déséquilibre significatif au titre des pratiques restrictives de concurrence.

La médiation de la consommation

Tout professionnel qui vend à des consommateurs doit leur garantir l'accès gratuit à un médiateur de la consommation en cas de litige (art. L.612-1 du Code de la consommation). Concrètement, les CGV et le site internet doivent mentionner le nom et les coordonnées du médiateur compétent, vers lequel le consommateur peut se tourner après une première démarche infructueuse auprès du professionnel. Cette information est obligatoire : son absence est sanctionnée. Pour les achats en ligne, le professionnel renvoie aussi vers la plateforme européenne de règlement des litiges. En amont, des CGV bien rédigées permettent souvent de désamorcer le conflit, car elles fixent à l'avance les règles applicables et les modalités de réclamation, ce qui sécurise à la fois le professionnel et le client.

FAQ

Les CGV sont-elles obligatoires pour toute entreprise ?

Il n'existe pas d'obligation générale d'établir des CGV, mais celles qui vendent à des consommateurs doivent pouvoir les communiquer à tout client qui en fait la demande et respecter l'information précontractuelle. En pratique, des CGV claires sont indispensables pour sécuriser l'activité.

Dois-je communiquer mes CGV à un autre professionnel ?

Oui, sur demande. L'article L.441-1 du Code de commerce impose de communiquer les CGV à tout acheteur professionnel qui en fait la demande pour son activité. Le refus est passible d'une amende administrative.

Que devient une clause abusive ?

Dans un contrat de consommation, une clause abusive est réputée non écrite : elle ne produit aucun effet, mais le reste du contrat continue de s'appliquer. Le juge peut la relever d'office.

Faut-il mentionner un médiateur dans mes CGV ?

Oui, si vous vendez à des consommateurs. Vous devez indiquer les coordonnées du médiateur de la consommation compétent, vers lequel le client pourra se tourner gratuitement en cas de litige non résolu.

Information générale à jour à la date de mise à jour indiquée. Elle ne constitue pas un conseil juridique ou comptable individualisé et ne remplace pas l'accompagnement d'un professionnel.

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