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Le statut d'auto-entrepreneur (micro-entreprise) : tout comprendre

9 min de lecture Mis à jour le June 13, 2026

L'auto-entreprise — juridiquement, le régime de la micro-entreprise — est la façon la plus simple et la moins coûteuse de se lancer seul : création gratuite en ligne, comptabilité allégée, et des cotisations calculées uniquement sur ce que vous encaissez. En contrepartie, le régime est plafonné et ne permet pas de déduire ses charges réelles. Cette fiche fait le tour de ce qu'il faut savoir avant de se lancer.

L'essentiel

  • L'auto-entrepreneur est un entrepreneur individuel qui a opté pour le régime micro-social et micro-fiscal.
  • Pas de chiffre d'affaires, pas de cotisations : vous ne payez que si vous encaissez.
  • Le régime est plafonné en chiffre d'affaires et réservé à certaines activités.
  • Création gratuite sur le guichet unique de l'INPI ; obtention d'un SIRET sous quelques jours.

Qui peut devenir auto-entrepreneur ?

Le statut est ouvert à presque tout le monde — salarié (sauf clause d'exclusivité de votre contrat), étudiant, retraité, demandeur d'emploi, fonctionnaire sous conditions — pour exercer une activité commerciale, artisanale ou libérale. Certaines activités en sont toutefois exclues : professions réglementées relevant d'une caisse de retraite spécifique (avocats, professions de santé, certaines professions du droit et du chiffre), activités agricoles relevant de la MSA, activités immobilières (marchand de biens) ou artistiques relevant d'un régime propre.

L'auto-entrepreneur exerce en son nom propre : il n'y a pas de société distincte. Depuis 2022, le patrimoine personnel est par principe protégé et séparé du patrimoine professionnel (statut unique de l'entrepreneur individuel), sauf renonciation ou manœuvre frauduleuse.

Les plafonds de chiffre d'affaires (2026)

Le régime n'est ouvert que sous des seuils annuels de chiffre d'affaires, appréciés sur l'année civile et proratisés la première année :

Type d'activitéPlafond de CA annuel
Vente de marchandises, fourniture de denrées, hébergement203 100 €
Prestations de services et professions libérales83 600 €
Activité mixte203 100 € au total, dont 83 600 € maximum de services

En cas de dépassement deux années civiles consécutives, vous basculez l'année suivante au régime réel (entreprise individuelle classique ou société). Un dépassement ponctuel une seule année ne fait pas perdre le bénéfice du régime.

Les cotisations sociales

C'est l'atout du régime : vos cotisations sociales sont un pourcentage de votre chiffre d'affaires encaissé, déclaré chaque mois ou chaque trimestre à l'URSSAF. Le taux dépend de la nature de l'activité (vente, services commerciaux, activité libérale). Les taux évoluent en 2026 dans le cadre de la réforme de l'assiette sociale des indépendants : vérifiez le taux exact applicable à votre activité sur autoentrepreneur.urssaf.fr avant de chiffrer votre projet.

Si vous bénéficiez de l'ACRE (exonération partielle pour les créateurs et repreneurs), vos cotisations sont réduites la première année. Attention : au 1er juillet 2026, l'avantage ACRE pour les micro-entrepreneurs est ramené à une réduction de 25 % des taux (au lieu de 50 %).

L'impôt sur le revenu

Par défaut, votre bénéfice est déterminé par un abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires (71 % pour la vente, 50 % pour les services BIC, 34 % pour les BNC), puis soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Sur option, et sous condition de revenu fiscal de référence, vous pouvez choisir le versement fiscal libératoire : l'impôt est alors prélevé en même temps que les cotisations, à un taux fixe — 1 % (vente), 1,7 % (services BIC) ou 2,2 % (BNC) du chiffre d'affaires.

Et la TVA ?

Tant que vous restez sous les seuils de la franchise en base de TVA, vous ne facturez pas la TVA et la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » figure sur vos factures. Pour les prestations de services, la franchise s'applique jusqu'à 37 500 € (seuil) / 41 250 € (seuil majoré) ; pour la vente, jusqu'à 85 000 € / 93 500 €. Au-delà, vous devez facturer et reverser la TVA. Ces seuils ayant fait l'objet de débats récents, vérifiez la valeur en vigueur sur impots.gouv.fr avant de facturer.

Les démarches de création

  1. Déclarer le début d'activité sur le guichet unique de l'INPI (formalites.entreprises.gouv.fr) — gratuit.
  2. Recevoir son numéro SIRET et son code APE (quelques jours).
  3. Ouvrir un compte bancaire dédié (obligatoire au-delà de 10 000 € de CA deux années de suite).
  4. Souscrire les assurances utiles (responsabilité civile professionnelle, voire décennale pour le bâtiment).
  5. Déclarer son chiffre d'affaires à l'URSSAF, même à zéro, à l'échéance choisie (mensuelle ou trimestrielle).

Avantages et limites

Avantages : simplicité de création et de gestion, comptabilité réduite à un livre de recettes, cotisations proportionnelles au CA, sortie facile. Limites : plafonds de CA, impossibilité de déduire ses charges réelles et d'amortir ses investissements, récupération de TVA impossible sous la franchise, protection sociale plus limitée (notamment retraite). Dès que les charges réelles deviennent importantes, une société (EURL, SASU) peut devenir plus avantageuse.

FAQ

Peut-on cumuler auto-entreprise et salariat ?
Oui, sauf clause d'exclusivité dans votre contrat de travail et sous réserve de votre obligation de loyauté envers l'employeur (pas de concurrence).

Doit-on déclarer un CA nul ?
Oui : la déclaration à l'URSSAF est obligatoire à chaque échéance, même si le chiffre d'affaires est de zéro.

Que se passe-t-il en cas de dépassement des plafonds ?
Un dépassement ponctuel est toléré ; un dépassement sur deux années civiles consécutives entraîne le passage au régime réel l'année suivante.

Information générale à jour à la date de mise à jour indiquée. Elle ne constitue pas un conseil juridique ou comptable individualisé et ne remplace pas l'accompagnement d'un professionnel.

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