Propriétaire d'un logement que vous souhaitez louer sans passer par une agence ? Ce guide vous présente les 10 clés pour mettre en location, gérer le bail au quotidien et faire face aux difficultés. Chaque clé renvoie aux fiches détaillées du site pour approfondir. Ce guide est conçu pour la location vide (non meublée) d'une résidence principale, régie par la loi du 6 juillet 1989.
1. Trouver un locataire fiable
La sélection du locataire est la clé d'une location sereine. Demandez un dossier complet : pièce d'identité, justificatifs de revenus (3 derniers bulletins de salaire, avis d'imposition), contrat de travail, et éventuellement un garant (caution solidaire). Attention aux discriminations : le refus d'un locataire pour un motif discriminatoire (origine, situation familiale, handicap, etc.) est interdit par l'article 225-1 du Code pénal et peut entraîner des sanctions pénales.
Vérifiez que les revenus du candidat représentent au moins 3 à 4 fois le montant du loyer (hors charges). Pour les situations précaires (CDD, période d'essai), exigez une caution solidaire ou la garantie Visale (gratuite pour le bailleur).
2. Rédiger le bail (clauses obligatoires et interdites)
Le bail doit être établi sur le contrat type fixé par le décret n° 2015-587 du 29 mai 2015. Il doit mentionner obligatoirement : l'identité des parties, la date de prise d'effet, la durée, la consistance (surface habitable), le montant du loyer et ses modalités de révision, le dépôt de garantie. Une notice d'information sur les droits et obligations doit être annexée.
Les clauses interdites sont nombreuses : interdiction de faire des travaux d'amélioration, obligation de souscrire à une assurance spécifique au-delà de l'assurance habitation, clause de solidarité non conforme à la loi ALUR, clause prévoyant une révision du loyer sans IRL, etc. Toute clause illicite est réputée non écrite (art. 4 de la loi de 1989).
3. Fournir les diagnostics obligatoires
Avant la signature du bail, le bailleur doit remettre au locataire les diagnostics suivants :
- DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) : obligatoire depuis 2007, classement de A à G.
- ERP (État des Risques et Pollutions) : informations sur les risques naturels, miniers et technologiques.
- Diagnostic plomb (Crep) : obligatoire pour les logements construits avant 1949.
- Diagnostic gaz et électricité : pour les installations de plus de 15 ans.
- Loi Carrez : mesurage de la surface privative (obligatoire en copropriété).
Depuis 2023, le DPE est opposable : le locataire peut engager la responsabilité du bailleur en cas d'erreur de classement.
4. Fixer le loyer (IRL, encadrement des loyers)
Le loyer est librement fixé entre le bailleur et le locataire, mais il doit respecter certaines limites :
- Encadrement des loyers : dans les zones tendues (Paris, Lyon, Bordeaux, etc.), le loyer ne peut pas dépasser le loyer de référence majoré fixé par arrêté préfectoral.
- Révision annuelle : le loyer peut être révisé une fois par an à la date anniversaire du bail, dans la limite de la variation de l'IRL (Indice de Référence des Loyers), publié par l'INSEE chaque trimestre.
- Loyer sous-évalué : si le loyer est manifestement sous-évalué, le bailleur peut demander au juge une hausse lors du renouvellement du bail.
5. Réaliser l'état des lieux
L'état des lieux d'entrée et de sortie est un document essentiel pour déterminer la responsabilité des dégradations. Il doit être contradictoire (signé par les deux parties) et daté. Utilisez un document détaillé : pièce par pièce, mur, sol, plafond, équipements. Un état des lieux lacunaire ou inexistant peut priver le bailleur de retenues sur le dépôt de garantie.
6. Gérer les quittances de loyer
Le bailleur doit remettre gratuitement une quittance de loyer au locataire qui en fait la demande (art. 21 de la loi de 1989). La quittance mentionne le montant du loyer, des charges et la période concernée. Elle est utile au locataire pour justifier de son logement (CAF, assurance, etc.).
7. Assurer l'entretien et les réparations
Le bailleur est tenu d'assurer les grosses réparations (art. 606 C. civ. : toiture, structure, chaudière). Le locataire assume les réparations locatives (décret 87-712 : entretien courant, menues réparations). En cas de désaccord, la commission départementale de conciliation peut être saisie gratuitement.
8. Faire face aux impayés
En cas de loyer impayé, le bailleur peut :
- Relancer le locataire par téléphone ou courriel.
- Envoyer une mise en demeure par LRAR avec accusé de réception.
- Mobiliser la caution (garant) si elle existe.
- Saisir le juge des contentieux de la protection pour obtenir un jugement d'expulsion.
- Demander le concours de la force publique pour exécuter l'expulsion (hors trêve hivernale).
Une assurance loyers impayés (GLI) peut couvrir le risque, mais son coût (2 à 4 % du loyer annuel) est à la charge du bailleur.
9. Donner congé au locataire
Le bailleur peut donner congé au locataire pour reprendre le logement (pour l'habiter ou loger un proche) ou pour vendre. Le motif doit être légitime et réel. Le congé doit être notifié par LRAR ou acte d'huissier au moins 6 mois avant la fin du bail (3 mois en meublé). Le préavis est suspendu pendant la trêve hivernale.
10. Déclarer ses revenus fonciers
Les revenus locatifs sont imposés à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus fonciers. Deux régimes :
- Micro-foncier : abattement de 30 % sur les recettes (si recettes ≤ 15 000 €/an).
- Régime réel : déduction des charges réelles (travaux, intérêts d'emprunt, taxe foncière, etc.). Possibilité de déficit foncier si les charges excèdent les recettes (plafond 10 700 €/an imputable sur le revenu global).
FAQ
Un bailleur peut-il refuser un locataire sans motif ?
Non, le refus doit être fondé sur un motif légitime (insuffisance de revenus, dossier incomplet). Un refus discriminatoire est pénalement sanctionné.
Le dépôt de garantie est-il obligatoire ?
Non, il est facultatif. Mais s'il est prévu, il ne peut pas dépasser un mois de loyer hors charges en location vide.
Un propriétaire peut-il augmenter le loyer à chaque renouvellement de bail ?
Non, la révision est encadrée par l'IRL. En zone tendue, l'augmentation est plafonnée par le loyer de référence majoré.