Disputeo.
Faire le diagnostic

La caution locative : caution simple ou solidaire, droits et obligations

8 min de lecture Mis à jour le June 15, 2026

La caution locative (ou garant) est une personne physique ou morale qui s'engage à payer le loyer et les charges en cas de défaillance du locataire. Le Code civil (articles 2288 et suivants) distingue deux formes de cautionnement : la caution simple et la caution solidaire. Leurs régimes diffèrent profondément quant au recours du bailleur et aux droits du garant. Cette fiche détaille ces deux mécanismes à la lumière de la loi de 1989 et du droit civil.

L'essentiel

  • La caution simple donne au garant le bénéfice de discussion : le bailleur doit d'abord poursuivre le locataire avant de s'adresser au garant (C. civ., article 2298).
  • La caution solidaire permet au bailleur de réclamer directement le paiement au garant, sans poursuivre d'abord le locataire (loi de 1989, article 22-1).
  • L'acte de cautionnement doit être écrit et signé par le garant, comporter une mention manuscrite obligatoire pour les cautionnements solidaires.
  • La durée de l'engagement du garant est limitée dans le temps : pas de cautionnement perpétuel (C. civ., article 2290).
  • Le garant peut résilier son engagement à tout moment, sous réserve de respecter un préavis et de ne pas laisser le locataire sans garantie.

Caution simple : le bénéfice de discussion

En caution simple, le garant dispose du bénéfice de discussion (C. civ., article 2298). Cela signifie que le bailleur doit d'abord saisir le tribunal et tenter de recouvrer sa créance sur les biens du locataire avant de pouvoir se retourner contre la caution. Concrètement, le bailleur doit :

  1. Obtenir un titre exécutoire contre le locataire (jugement).
  2. Saisir les biens du locataire par voie d'huissier.
  3. Si la saisie s'avère insuffisante, actionner la caution sur le solde impayé.

Ce mécanisme protège le garant en lui offrant une garantie procédurale, mais il alourdit la procédure du bailleur. En pratique, la caution simple est rarement exigée dans les baux d'habitation : la plupart des bailleurs imposent une caution solidaire.

Caution solidaire : un engagement renforcé

Dans le cautionnement solidaire, le garant renonce au bénéfice de discussion (loi de 1989, article 22-1 et C. civ., article 2298). Le bailleur peut donc exiger directement le paiement de la caution sans avoir à poursuivre d'abord le locataire. En pratique, dès que le locataire est en défaut de paiement, le bailleur met en demeure la caution, qui doit payer l'intégralité des sommes dues.

La caution solidaire est soumise à un formalisme strict : le garant doit reproduire de sa main une mention manuscrite obligatoire, dont le texte est fixé par l'article 22-1 de la loi de 1989. Cette mention rappelle au garant la nature et l'étendue de son engagement. L'absence de cette mention entraîne la nullité du cautionnement.

Les conditions de validité du cautionnement

Pour être valable, le cautionnement locatif doit respecter plusieurs conditions :

  • Capacité : le garant doit être une personne capable juridiquement (majeur sous tutelle exclu).
  • Écrit et signé : l'acte de cautionnement doit être un document écrit, signé par le garant seul (le bailleur n'a pas à signer).
  • Mention manuscrite : pour le cautionnement solidaire, la mention légale doit être reproduite à la main (loi de 1989, art. 22-1).
  • Proportionnalité : le montant de l'engagement ne doit pas être manifestement disproportionné par rapport aux biens et revenus du garant (C. civ., article 2299).

L'étendue de l'engagement du garant

Le cautionnement peut être limité dans son montant et dans sa durée. En location, il couvre généralement :

  • le loyer et les charges locatives récupérables ;
  • les intérêts de retard et les frais de recouvrement (frais d'huissier, etc.) ;
  • les réparations locatives non effectuées par le locataire, dans la limite prévue au contrat.

Le cautionnement est indivisible : tant que la dette n'est pas intégralement payée, le garant reste tenu. Toutefois, le garant peut opposer au bailleur toutes les exceptions que le locataire pourrait lui-même invoquer (nullité du bail, logement indécent, etc.), à l'exception de l'insolvabilité du locataire.

La fin du cautionnement

Le garant peut mettre fin à son engagement à tout moment, sous réserve de respecter les conditions suivantes :

  • Il doit notifier sa décision au bailleur par lettre recommandée avec accusé de réception.
  • Il doit respecter un préavis (généralement un mois, parfois plus selon le contrat).
  • Le locataire ne doit pas être en situation d'impayé au moment de la résiliation (sinon la caution reste tenue des dettes déjà nées).

Le cautionnement prend également fin à l'échéance du bail si le garant n'a pas été informé du renouvellement ou de la prorogation. Il s'éteint enfin par le décès du garant (sauf pour les dettes nées antérieurement) ou par la mainlevée accordée par le bailleur.

Références légales

  • Code civil — articles 2288 à 2320 (cautionnement).
  • Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 — article 22-1 (caution solidaire, mentions manuscrites).
  • Code de la consommation — articles L. 313-1 et suivants (cautionnement des personnes physiques, information annuelle).

Documents utiles

Information générale à jour à la date de mise à jour indiquée. Elle ne constitue pas un conseil juridique ou comptable individualisé et ne remplace pas l'accompagnement d'un professionnel.

Pour aller plus loin

Modèles de lettres à télécharger

Guides