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Succession et héritage : ordre des héritiers, partage et fiscalité

9 min de lecture Mis à jour le June 16, 2026

En l'absence de testament, la loi désigne les héritiers selon un ordre précis. La succession comprend l'ensemble du patrimoine du défunt, transmis aux personnes appelées à recueillir ses biens. Entre l'ordre des héritiers, les droits du conjoint survivant, la réserve héréditaire, le partage et la fiscalité, le droit successoral français obéit à des règles précises. Cette fiche fait le point sur les principes fondamentaux de l'héritage, à l'appui du Code civil et du Code général des impôts.

L'essentiel

  • L'ordre des héritiers (art. 731+ C. civ.) : enfants → conjoint → parents → frères et sœurs → grands-parents → oncles/tantes → cousins → État.
  • Le conjoint survivant a le choix entre l'usufruit total de la succession ou 1/4 en pleine propriété.
  • La réserve héréditaire protège les enfants : 1/2 pour 1 enfant, 2/3 pour 2 enfants, 3/4 pour 3 enfants ou plus.
  • Les droits de succession sont calculés après abattement : 100 000 € par enfant, renouvelable tous les 15 ans.
  • L'assurance-vie bénéficie d'un régime fiscal spécifique et constitue un outil d'optimisation successorale.

Ordre des héritiers

Le Code civil organise la dévolution successorale en ordres hiérarchisés (art. 731+) :

  • 1er ordre : les descendants (enfants, petits-enfants par représentation). Ils excluent tous les autres héritiers, sauf le conjoint.
  • 2e ordre : les ascendants privilégiés (père et mère) et les collatéraux privilégiés (frères et sœurs).
  • 3e ordre : les ascendants ordinaires (grands-parents).
  • 4e ordre : les collatéraux ordinaires (oncles, tantes, cousins, neveux).
  • À défaut d'héritier dans les 4 ordres : l'État recueille la succession.

Droits du conjoint survivant

Le conjoint survivant bénéficie d'une protection particulière (art. 757 C. civ.). Il hérite en présence d'enfants selon les règles suivantes :

SituationOption 1Option 2
Avec enfants communsUsufruit total1/4 en pleine propriété
Avec enfants non communs (d'une autre union)1/4 en pleine propriété uniquement

Le partenaire de PACS et le concubin ne sont pas héritiers légaux : ils ne peuvent hériter que par testament ou donation.

Réserve héréditaire et quotité disponible

Le droit français protège les héritiers réservataires (les enfants, ou à défaut le conjoint) contre une exhérédation totale. La réserve héréditaire est la part qui leur revient obligatoirement (art. 912+ C. civ.) :

Nombre d'enfantsRéserve héréditaire globaleQuotité disponible
1 enfant1/2 du patrimoine1/2
2 enfants2/3 du patrimoine1/3
3 enfants ou plus3/4 du patrimoine1/4

La quotité disponible est la part que le défunt peut librement donner ou léguer. Un testament ou une donation qui empiète sur la réserve peut être réduit à la demande des héritiers réservataires.

Fiscalité des successions

Les droits de succession sont calculés sur la part nette reçue par chaque héritier, après abattement. Les principaux abattements (CGI art. 779) :

HéritierAbattementRenouvellement
Enfant (par parent)100 000 €Tous les 15 ans
Conjoint survivantExonération totale
Frère ou sœur15 932 €Tous les 15 ans
Neveu ou nièce7 967 €Tous les 15 ans

Au-delà de l'abattement, le barème est progressif : de 5 % (tranche à 8 072 €) à 45 % (tranche au-delà 1 805 677 €) pour les enfants, et de 35 % à 60 % entre non-parents.

Assurance-vie et succession

L'assurance-vie bénéficie d'un régime fiscal spécifique qui en fait un outil privilégié de transmission. Les primes versées avant 70 ans bénéficient d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire (capital imposé au-delà à 20 % jusqu'à 700 000 €, puis 31,25 %). Les primes versées après 70 ans relèvent d'un abattement global de 30 500 €.

Les démarches

  1. Identifiez les héritiers selon l'ordre légal et les droits du conjoint.
  2. Évaluez l'actif (biens, comptes, placements, assurance-vie) et le passif (dettes, emprunts, frais d'obsèques).
  3. Choisissez l'option successorale : acceptation pure et simple, à concurrence de l'actif net, ou renonciation.
  4. Déposez la déclaration de succession dans les 6 mois (décès en France métropolitaine).
  5. Calculez et payez les droits de succession, puis procédez au partage.

FAQ

Le conjoint survivant paie-t-il des droits de succession ?
Non, il est totalement exonéré de droits de succession, quel que soit le montant hérité.

Puis-je déshériter un de mes enfants ?
Non, un enfant est héritier réservataire. Vous ne pouvez le priver de sa part de réserve héréditaire.

Les biens en assurance-vie sont-ils transmis hors succession ?
Oui, ils ne font pas partie de la succession et ne sont pas soumis aux droits de succession dans les limites des abattements prévus.

Quel est l'abattement entre grands-parents et petits-enfants ?
L'abattement est de 31 865 €, renouvelable tous les 15 ans (CGI art. 779).

Information générale à jour à la date de mise à jour indiquée. Elle ne constitue pas un conseil juridique ou comptable individualisé et ne remplace pas l'accompagnement d'un professionnel.

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