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Faire le diagnostic

IR ou IS : comment sont imposés les bénéfices

9 min de lecture Mis à jour le June 13, 2026

Lorsqu'une entreprise dégage un bénéfice, encore faut-il savoir qui paie l'impôt et selon quelles règles. Deux grands régimes coexistent : l'impôt sur le revenu (IR), où le bénéfice est imposé directement entre les mains de l'entrepreneur, et l'impôt sur les sociétés (IS), où c'est la société elle-même qui acquitte l'impôt. Le choix entre les deux a des conséquences importantes sur la fiscalité du dirigeant et la stratégie de l'entreprise. Cette fiche vous aide à y voir clair.

L'essentiel

  • À l'IR, le bénéfice est « transparent » : il s'ajoute aux revenus de l'entrepreneur, imposés au barème progressif.
  • À l'IS, la société paie son propre impôt ; le dirigeant n'est imposé que sur ce qu'il se verse.
  • En 2026, l'IS s'élève à 25 %, avec un taux réduit de 15 % sous conditions.
  • Certaines structures peuvent opter pour l'un ou l'autre régime, parfois de façon temporaire.

L'imposition à l'IR : la transparence fiscale

Sous le régime de l'impôt sur le revenu, l'entreprise n'est pas un contribuable distinct. Son bénéfice est réputé directement appréhendé par l'entrepreneur ou les associés, en proportion de leurs droits, puis ajouté à leurs autres revenus dans la déclaration personnelle. On parle de transparence fiscale. Le bénéfice est imposé au barème progressif de l'impôt sur le revenu, selon la catégorie correspondant à l'activité : bénéfices industriels et commerciaux (BIC), bénéfices non commerciaux (BNC) ou bénéfices agricoles (BA).

Relèvent de l'IR par défaut : l'entreprise individuelle (y compris la micro-entreprise), l'EURL dont l'associé unique est une personne physique, et les sociétés de personnes (SNC, certaines SCI). Conséquence majeure : l'entrepreneur est imposé sur la totalité du bénéfice, qu'il l'ait prélevé ou laissé dans l'entreprise.

L'imposition à l'IS : la société paie son impôt

Sous le régime de l'impôt sur les sociétés, la société est un contribuable à part entière. Elle calcule son bénéfice imposable et acquitte elle-même l'IS. Le dirigeant et les associés ne sont, eux, imposés que sur les sommes qu'ils perçoivent effectivement : rémunérations (au titre des traitements et salaires) et dividendes (au titre des revenus de capitaux mobiliers, généralement soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026).

Relèvent de l'IS par défaut : la SAS, la SASU, la SARL (sauf option pour l'IR) et la SA. L'EURL peut opter pour l'IS, et certaines sociétés de personnes également.

Les taux d'IS en 2026

Pour les exercices ouverts en 2026, deux taux principaux s'appliquent :

Tranche de bénéficeTauxConditions du taux réduit
Jusqu'à 42 500 €15 %Chiffre d'affaires < 10 M€, capital entièrement libéré, détenu à 75 % au moins par des personnes physiques
Au-delà de 42 500 €25 % (taux normal)

Une PME qui réunit les conditions bénéficie donc du taux réduit de 15 % sur la première fraction de son bénéfice (jusqu'à 42 500 €), le surplus étant taxé à 25 %. Les sociétés qui ne remplissent pas ces conditions sont imposées à 25 % dès le premier euro. Ces montants peuvent évoluer d'une loi de finances à l'autre : vérifiez le taux en vigueur sur impots.gouv.fr ou entreprendre.service-public.gouv.fr.

L'option : passer de l'un à l'autre

Le régime n'est pas toujours figé. Plusieurs structures peuvent exercer une option :

  • une SARL, SAS ou SA normalement à l'IS peut, sous conditions (notamment de taille et d'ancienneté), opter temporairement pour l'IR, pour une durée maximale de cinq exercices ;
  • une EURL ou une société de personnes à l'IR peut opter pour l'IS ;
  • l'entrepreneur individuel peut, sous conditions, demander à être assimilé à une EURL et opter pour l'IS.

Attention : l'option pour l'IS est en principe irrévocable au-delà d'un délai de renonciation de cinq ans. Elle doit donc être mûrement réfléchie, idéalement avec un expert-comptable.

Quelles conséquences pour le dirigeant ?

Le choix IR / IS dépasse la simple question du taux. Plusieurs paramètres entrent en jeu :

  • Réinvestissement : à l'IS, les bénéfices laissés dans la société ne sont taxés qu'à l'IS, ce qui favorise l'autofinancement. À l'IR, tout le bénéfice est imposé, qu'il soit retiré ou non.
  • Rémunération du dirigeant : à l'IS, la rémunération est déductible du résultat de la société ; à l'IR, l'entrepreneur ne peut pas « se salarier » au sens fiscal.
  • Dividendes : ils n'existent qu'à l'IS et subissent une imposition propre (PFU de 31,4 % en 2026, ou barème sur option), ce qui peut entraîner une double imposition économique du bénéfice.
  • Déficits : à l'IR, un déficit professionnel peut, sous conditions, s'imputer sur le revenu global du foyer ; à l'IS, le déficit reste dans la société et se reporte sur ses bénéfices futurs.

Comment choisir entre IR et IS ?

Il n'existe pas de réponse universelle : le bon régime dépend de votre situation personnelle et du projet d'entreprise. Quelques tendances se dégagent néanmoins. L'IR est souvent intéressant en début d'activité, surtout en cas de déficit imputable sur les autres revenus du foyer, ou lorsque l'entrepreneur prélève l'essentiel du bénéfice pour vivre et se situe dans une tranche d'imposition modérée. L'IS devient avantageux lorsque l'entreprise dégage des bénéfices importants qu'elle souhaite réinvestir plutôt que distribuer, ou pour optimiser l'arbitrage entre rémunération et dividendes. La présence d'un conjoint, d'autres revenus dans le foyer, le besoin de financement et l'horizon de cession entrent aussi en ligne de compte. C'est typiquement une décision à préparer avec un expert-comptable, chiffres à l'appui, plutôt qu'à trancher sur un principe général.

FAQ

Une micro-entreprise est-elle à l'IR ou à l'IS ?
À l'IR. La micro-entreprise relève toujours de l'impôt sur le revenu, le plus souvent avec un abattement forfaitaire, voire le versement libératoire si l'entrepreneur a opté pour cette modalité.

Le taux réduit de 15 % s'applique-t-il à toutes les sociétés ?
Non. Il est réservé aux PME dont le chiffre d'affaires est inférieur à 10 millions d'euros, dont le capital est entièrement libéré et détenu à au moins 75 % par des personnes physiques.

Peut-on revenir à l'IR après avoir opté pour l'IS ?
Oui, mais seulement pendant les cinq premiers exercices suivant l'option. Passé ce délai de renonciation, l'option pour l'IS devient définitive.

Information générale à jour à la date de mise à jour indiquée. Elle ne constitue pas un conseil juridique ou comptable individualisé et ne remplace pas l'accompagnement d'un professionnel.

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