Lorsqu'une société soumise à l'impôt sur les sociétés distribue une partie de ses bénéfices, l'associé perçoit des dividendes, qui sont imposés à son niveau. Deux régimes coexistent : le prélèvement forfaitaire unique (PFU), couramment appelé « flat tax », et, sur option, le barème progressif de l'impôt sur le revenu. Cette fiche explique ces deux régimes, leurs taux à jour de 2026, leurs avantages respectifs et la manière de choisir, à l'appui du Code général des impôts et des informations d'impots.gouv.fr et d'economie.gouv.fr.
L'essentiel
- Les dividendes sont, par défaut, soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), dit « flat tax » (article 200 A du Code général des impôts).
- Le PFU se compose de 12,8 % d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux.
- En 2026, les prélèvements sociaux sur les revenus de placement passent à 18,6 % (CSG portée à 10,6 %), portant le PFU à 31,4 % sur ces revenus, contre 30 % auparavant.
- Sur option globale, l'associé peut soumettre ses dividendes au barème progressif, avec un abattement de 40 % sur le montant brut.
- Pour un gérant majoritaire de SARL/EURL à l'IS, une fraction des dividendes excédant 10 % du capital est soumise aux cotisations sociales.
Le PFU, ou « flat tax »
Depuis 2018, les dividendes relèvent par défaut du prélèvement forfaitaire unique. Il se décompose en deux parts : 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux. Ces derniers, historiquement de 17,2 %, sont relevés à 18,6 % à compter de 2026 sur la plupart des revenus de placement, du fait du relèvement de la CSG à 10,6 %. Le taux global de la « flat tax » sur les dividendes atteint donc de l'ordre de 31,4 % en 2026. En pratique, la société applique d'abord un prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 % lors du versement (sauf dispense pour les revenus modestes), régularisé ensuite à la déclaration.
L'option pour le barème progressif
L'associé peut renoncer au PFU et choisir le barème progressif de l'impôt sur le revenu. Cette option est globale : elle s'applique à l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers et plus-values du foyer pour l'année. Son intérêt : le dividende bénéficie alors d'un abattement de 40 % avant imposition (au titre de l'élimination partielle de la double imposition), et une fraction de la CSG (6,8 points) devient déductible du revenu imposable. L'option est avantageuse pour les foyers faiblement imposés ; elle l'est moins dès la tranche à 30 % et au-delà. Bonne nouvelle : depuis 2026, le caractère irrévocable de cette option a été assoupli.
PFU ou barème : que choisir ?
| Critère | PFU (flat tax) | Barème progressif (sur option) |
|---|---|---|
| Taux d'IR | 12,8 % forfaitaire | Tranche marginale (0 à 45 %) |
| Abattement de 40 % | Non | Oui, sur le dividende brut |
| CSG déductible | Non | Oui (6,8 points) |
| Prélèvements sociaux 2026 | 18,6 % | 18,6 % |
| Plutôt favorable à | Tranches à 30 % et plus | Foyers peu ou pas imposés |
Règle pratique : le barème devient intéressant lorsque la tranche marginale du foyer est faible (0 ou 11 %), grâce à l'abattement de 40 % et à la CSG déductible ; au-delà, le PFU est généralement plus avantageux. Comme l'option est globale, il faut raisonner sur l'ensemble des revenus mobiliers du foyer.
Le cas du gérant majoritaire de SARL ou d'EURL
Pour le dirigeant travailleur non salarié (gérant majoritaire de SARL, gérant associé unique d'EURL) d'une société à l'IS, une particularité s'ajoute : la fraction des dividendes qui excède 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes versées en compte courant est soumise aux cotisations sociales des indépendants, et non aux seuls prélèvements sociaux. Cela renchérit la distribution de dividendes importants et doit être pris en compte dans l'arbitrage entre rémunération et dividendes. Le président de SASU ou de SAS (assimilé salarié) n'est pas concerné par cette règle.
Les démarches
- Décider la distribution en assemblée (ou par décision de l'associé unique) après approbation des comptes.
- Verser les dividendes : la société applique le prélèvement forfaitaire de 12,8 % et les prélèvements sociaux, sauf dispense demandée à temps.
- Déclarer les dividendes perçus sur la déclaration de revenus de l'année.
- Exercer, le cas échéant, l'option pour le barème progressif (case dédiée), en mesurant son intérêt sur l'ensemble du foyer.
- Régulariser : le prélèvement déjà payé s'impute sur l'impôt final.
FAQ
La flat tax est-elle toujours à 30 % en 2026 ?
Le taux de la « flat tax » reste 12,8 % d'IR, mais les prélèvements sociaux passent à 18,6 % en 2026 sur la plupart des revenus de placement : le total atteint donc environ 31,4 % sur les dividendes, contre 30 % auparavant.
L'abattement de 40 % s'applique-t-il avec la flat tax ?
Non. L'abattement de 40 % n'existe qu'en cas d'option pour le barème progressif. Au PFU, le dividende est imposé sur son montant brut.
Comment savoir si le barème est plus avantageux ?
En comparant l'imposition globale dans les deux régimes pour l'ensemble des revenus mobiliers du foyer. Le barème l'emporte surtout pour les foyers faiblement imposés.
Les dividendes d'un gérant majoritaire sont-ils soumis aux cotisations sociales ?
Oui pour la part dépassant 10 % du capital, des primes et du compte courant, lorsque la société est à l'IS et le gérant travailleur non salarié.